L'année 2009 s'est révélée une nouvelle année très difficile pour les compagnies aériennes dans le monde. Le nombre de personnes transportées par les compagnies régulières des Etats membres de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) a diminué de 3,1 % sur l'ensemble de l'année par rapport à 2008, selon les estimations préliminaires. Cette diminution est la plus forte jamais enregistrée par l'industrie et s'explique par le repli de 1% du PIB mondial, première croissance négative de l'économie mondiale depuis la grande dépression de 1929. En 2001, le trafic de passagers a fléchi de 2,9 % à cause, en partie des attentats terroristes du 11 septembre. Avec l'amélioration de la conjoncture économique dans de nombreux régions du monde, l'OACI s'attend à une reprise modérée en 2010 et à une progression de 3,3 % du trafic passager. Le secteur devrait conserver son élan en 2011, sur la voie d'une reprise complète, pour retrouver ses taux de croissance habituels, de 5,5 % par an. Il est démontré qu'en période stable, le trafic aérien croît en moyenne deux fois plus vite que le PIB (avec sur trois décennies, une croissance annuelle moyenne du trafic mondial de 6,5 %, pour une croissance moyenne du PIB de 3,1 %). A partir du 11 septembre 2001, toutes ces corrélations ont volé en éclats : aux attentats du World Trade Center succèdent la guerre en Afghanistan puis l'invasion de l'Irak et pendant l'hiver 2003, l'épidémie de SRAS qui freine brutalement l'essor économique de la zone Asiatique et sème le doute -mais pour un temps seulement- sur la capacité de la Chine à réagir efficacement face à ce nouveau fléau épidémiologique. "Au cours des vingt dernières années, le secteur aéronautique a connu plusieurs ralentissements économiques mais n’en a pas moins enregistré une croissance annuelle d’environ 5 %. L’importance que revêt, pour les voyageurs comme pour les entreprises, le fait de pouvoir compter sur un transport aérien fiable, régulier et économique, devrait d’après nous se traduire par une croissance similaire dans les vingt ans à venir", constate Boeing. Le transport aérien évolue constamment dans le monde en réponse aux opportunités et aux défis du marché. La mise en place par les compagnies de nouveaux business models, et la croissance rapide du transport aérien dans les économies émergentes, se traduisent par une stabilisation de la demande mondiale d’avions. Même dans un contexte de ralentissement général, certains marchés parviennent à se développer grâce à la croissance économique régionale et à l’assouplissement de la régulation du marché. L’avantage significatif, qu’offre les nouveaux avions, en termes d’efficacité et de capacités, permet de conserver une demande forte d’appareils. Grâce aux niveaux records précédemment enregistrés, les carnets de commandes des constructeurs résistent bien, malgré les nouvelles conditions que connaît le marché. Des avions plus économes en carburant permettent de mieux absorber les effets de la volatilité du prix du carburant, et la réduction des émissions dans l’atmosphère contribue à aider les compagnies aériennes à concrétiser leurs objectifs en matière de performance environnementale. La croissance des compagnies aériennes s’effectue essentiellement dans une optique de réponse aux préférences d’une clientèle qui souhaite avoir toujours plus de choix, bénéficier de tarifs moins élevés et disposer d’un accès direct à un plus large éventail de destinations. Les nouveaux types d’avions, qui offrent davantage de capacités et s’avèrent plus économiques, permettent de desservir un plus grand nombre d’itinéraires. Une petite partie de la | | croissance est générée par l’utilisation, sur les liaisons existantes, d’avions offrant davantage de sièges. La demande est également stimulée par la levée des réglementations qui régissaient l’accès au marché. Ce phénomène est bien établi dans de nombreuses régions et continue de s’étendre aux régions d’Amérique latine, de Russie, d’Afrique et d’Asie-Pacifique qui connaissent une croissance rapide. Avec une réglementation internationale qui permet plus de vols directs, la demande sur les itinéraires les plus fréquentés tend à se répartir en lignes desservant des aéroports proches des destinations finales du voyageur, réduisant ainsi la nécessité de recourir à des avions gros-porteurs. Les compagnies aériennes utilisent différentes stratégies commerciales pour s’adapter à la demande des différents marchés desservis. Une compagnie présente sur les marchés internationaux peut offrir différentes configurations d’avions en fonction de la spécificité des marchés – densité plus importante pour les marchés orientés vers les loisirs, et davantage de places haut de gamme pour les marchés touchant surtout le voyage d’affaires. Sur les marchés locaux, elles maintiennent une présence sur les itinéraires à forte densité, mais permettent également de relier leurs réseaux long-courriers aux sources de demande locales. Qu'en est-il pour l'Algérie ? Il semble que la crise mondiale n'a pas affecté de la même manière notre pays que le reste du monde si on se réfère aux statistiques de l'Aéroport d'Alger où le trafic passager est en hausse. Cette évolution résulte de l’augmentation par les compagnies aériennes opérantes de leur offre de sièges et de fréquences, sur des liaisons desservant l’Europe, l’Asie et l’Amérique du Nord (augmentation de 17,91% des liaisons sur Montréal par Air Algérie entre 2008 et 2009). La concurrence de plus en plus rude vers certaines destinations européennes (66% du trafic international de l’aéroport d’Alger) a incité les compagnies aériennes à promouvoir pendant les périodes creuses des offres promotionnelles attractives sur les prix des billets d’avion en les accompagnant le plus souvent par une amélioration dans la qualité des prestations offertes. L’aéroport d’Alger compte actuellement 16 compagnies aériennes commerciales opérantes sur le réseau international. La compagnie Air Algérie détient la plus grande part du marché avec 45,60%, suivie par Aigle Azur (15,81%), Air France (10,52%) et Turkish Airlines (4,68%). Un nombre important de facteurs milite pour l’accentuation sur le moyen terme de la tendance à la hausse du trafic aérien. Nous en retiendrons quelques-uns : le retour des compagnies aériennes étrangères, les facilitations obtenues dans la délivrance des visas aux nationaux se rendant à l’étranger, le renforcement des connexions avec plusieurs hubs (plate-formes de correspondances), le développement des flux touristiques à destination du Grand Sud, les déplacements pour motifs professionnels (foires, expositions, délégations), les promotions des compagnies aériennes en basse saison et le renouvellement de la flotte de la compagnie nationale. L’Algérie représente 40 % de l’offre de la compagnie Aigle Azur. Preuve du constant développement de la compagnie sur l’Algérie, deux nouvelles lignes sont inaugurées. L’une entre Mulhouse et Oran (depuis avril dernier), l’autre entre Lille et Tlemcen (dès le mois de juin). Air France joue plutôt une autre carte : son puissant hub de Paris-Charles de Gaulle. Le réseau Air France est structuré autour du ce hub dont le principe est de connecter un grand nombre de petits flux court et moyen courriers-sur lesquels sont utilisés de petits avions - aux flux plus importants long-courriers où sont exploités des avions de grande capacité. D’après les statistiques, 50 % des passagers au départ d’Alger vont au-delà de Paris. Il faut savoir aussi que le chiffre d’affaires de la compagnie a augmenté de 29 % et le nombre global de passagers a augmenté de 32 % par rapport à l’année dernière ■ |