Expertise des dommages et dispositions De tous les modes de transport, le maritime est sans conteste celui qui recèle le plus de risques de dommages aux marchandises, en raison des nombreuses contraintes dues aux aléas de la mer (roulis, tangage, etc.), aux conditions de manutention (mauvais arrimage avec risque de chutes, trépidation, frottement, tassement, etc.) et de transit dans les ports. Par Kamel Khelifa | ||
Introduction A) Rappel de certaines dispositions légales 1. Etat des marchandises - La preuve des dommages Pour donner la preuve, l'art 790 du CMA, stipule : "en cas de dommage, le destinataire ou son représentant doivent les notifier par ECRIT au transporteur ou à son représentant au port de déchargement avant ou au moment de la livraison, faute de quoi les marchandises sont présumées, jusqu'à preuve du contraire, avoir été reçues telles qu'elles ont été décrites au Connaissement". B) Aspects opérationnels 1. Dispositions à prendre pour la constitution du dossier de recours En matière de conteneurs ou de remorques, supports de transports fermés par lesquels le transporteur fait livrer la marchandise au destinataire à domicile, celui-ci ne peut constater l'état de la marchandise qu'au moment de l'ouverture du contenant à l'arrivée. Il se peut que ce support soit livré éventré ou ayant subi une quelconque corrosion, préalablement à la réception. Aussi, est-il indiqué, en cas de dommage dans l'une ou l'autre situation, de faire appel à un expert.
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| Pourquoi faire appel à un expert ? Parce que la lettre de réserve n'a plus, dans ce cas, la même force probante que lorsque la marchandise était encore entre les mains de l'acconier, mandataire agissant sous la responsabilité du transporteur. L'expert doit être agréé par un tribunal ou par une compagnie d'assurance. Un exportateur avisé est censé être en possession de la liste des experts susceptibles de traiter au mieux ce genre de situation, car il ne faut pas oublier qu'il y a expert et expert, comme il y a avocat et avocat... On ne le dit pas assez, le métier d'expert n'étant pas réglementé, les chargeurs en Algérie (importateurs ou exportateurs) ont tendance à se laisser recommander le premier expert venu, en perdant de vue que de la qualité de son rapport dépend l'action de recours auprès du transporteur, de la compagnie d'assurance, voire du tribunal, lorsque les parties confient leur différend à la justice.. Nous parlions souvent dans ces colonnes de certains métiers qui ne sont pas réglementés, mais celui d'expert est le plus délicat dans la mesure où il est démontré qu'il est impossible d'être expert en tout, de même qu'il est impossible d'être bon avocat en tout. C'est d'ailleurs pour cette raison que sous d'autres cieux, en matière de classification des experts, la spécification de la catégorie à laquelle il appartient est expressément indiquée, par exemple : commissaire d'avaries, notion extrêmement vague en Algérie d'autant que ces métiers font non seulement appel au savoir mais également et surtout à l'expérience. Et ce n'est pas par hasard qu'à travers le monde les agréments sont délivrés sur l'appréciation de la somme d'expérience acquise au cours de la carrière du postulant à tel ou tel spécialité. Ceci est également valable dans tous les corps de métiers, comme par exemple : expert industriel ou en construction et BTPH, secteur d'activité qui donnent lieu à une telle quantité de spécialités qu'il est permis de se poser la question de savoir comment on peut faire pour embrasser tant de connaissances et surtout d'expérience, à moins de constituer un cabinet pluri-disciplinaire, apanage des grandes organisations. Le commissaire maritime peut être spécialisé "corps" (navires, aéronefs et autres moyens circulants), comme il peut être spécialisé dans les sinistres facultés (marchandises), catégorie à laquelle appartient le commissaire d'avaries. Cette précision étant faite, il faut savoir que la mission de ce dernier consiste tout d'abord à faire la constatation matérielle des dommages (photographies, relevé des traces et toutes autres preuves des dommages), de relever la consignation des déclarations, le cas échéant, et d'établir son rapport en vue de la constitution de dossier d'avarie. 2. Les imputations en responsabilité En vue du réglement du litige avec le transporteur, la constitution du dossier comporte toutes les pièces justificatives suivantes : Si le litige n'a pas connu une solution amiable ou une issue favorable au chargeur, celui-ci doit donner toutes les chances à son assureur pour diligenter le recours par les voies de droit. Nous disions plus haut que la qualité du rapport de l'expert est pour beaucoup dans l'action de recours auprès du transporteur ou de la compagnie d'assurance, il en est de même des imputations en responsabilité devant les tribunaux. Que valent en effet les imputations en responsabilité indiquées par l'expert devant le juge ? On sait que même s'ils doivent dire pourquoi ils ne prennent pas en compte les imputations en responsabilté mentionnées dans le rapport de l'expert, les juges n'aiment pas parfois qu'on leur fasse concurrence, surtout quand l'expert n'a pas été désigné par eux dans une action diligentée par le tribunal. Face à de tels cas, il faut que le rapport soit parfaitement motivé et bien argumenté, en rappelant les règles de l'art, du droit, les us et coutumes dans des domaines aussi complexes comme le transport maritime, qui représente une des plus grandes spécialités du droit et dont souvent les juges en ont une vague connaissance; bien qu'aujourd'hui des formations sont dispensées en direction des magistrats ■
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