La ligne ferroviaire Béchar-Oran a été mise en service officiellement le 15 juillet dernier. Cette nouvelle desserte, dont la réalisation a nécessité une enveloppe globale de 93 milliards de DA, va permettre le transport, annuellement, de 600 000 voyageurs et de 750 000 tonnes de marchandises de et vers Béchar. De nombreux usagers ont accueilli avec soulagement la nouvelle desserte qui offre, selon eux, un rapport confort/coût plutôt avantageux comparé aux autres moyens de transport. Des dessertes quotidiennes de 240 places par train sont prévues à partir de 18h25 au départ d'Oran et 18h50 de Béchar, selon les responsables de la SNTF avec un temps de parcours de 12 heures et une vitesse maximale de 160Km/heure sur une distance de 700 km. Les responsables de la SNTF prévoient le transport de 90 000 tonnes de carburants et 60 000 tonnes de céréales. Ce moyen de transport contribuera à désenclaver un nombre important de villages des régions du sud-ouest du pays. Le chemin de fer vient ainsi compléter un réseau de transport aérien de plus en plus inaccessible aux petites et moyennes bourses ainsi qu’un réseau de transport routier abandonné, depuis 1990, aux transporteurs de bus et aux taxis privés avec tout ce que cela implique d’inconfort et de danger du fait des nombreux accidents de la route. Elle pourra également acheminer des visiteurs, venus du Nord pour découvrir les oasis du Sahara (Taghit, Timimoun) qui attirent chaque année de plus en plus de monde. D’une façon générale, le réseau ferroviaire national devrait être porté à 10 400 km en 2014 dont 6000 sont en cours de réalisation. Après celui d’Alger, d’autres ports devraient renouer avec le transport de marchandises par voie ferrée. | | Pour le transport des voyageurs, les tarifs semblent concurrentiels par rapport à la route : 1690 dinars pour la première classe couchettes et 1245 dinars pour la deuxième classe. Des places assises ont été prévues pour les personnes qui ne veulent pas prendre des couchettes. L'autre objectif recherché à travers les réformes de ce secteur est de rendre effective la satisfaction des citoyens en matière de transport dans les conditions les plus avantageuses pour la collectivité nationale et pour les usagers en terme de sécurité, de disponibilité, de coût et de qualité de service, objectif souligné dans un numéro spécial du magazine du ministère des transports (Avril 2008) à l'occasion de la tenue de la conférence des ministres des transports de l'Union Africaine à Alger. Elles visent à inscrire le secteur dans l'inter modalité pour assurer la continuité de la chaîne de transport, loin des ruptures de charges et des longs délais d'acheminement. La stratégie arrêtée par le ministère des transports est scindée en trois étapes : il s'agit de rattraper et combler les insuffisances constatées sur le réseau actuel, de permettre au mode ferroviaire de reprendre ses parts de marchés et doter le pays d'un réseau maillé à l'horizon 2025. L'Algérie a alloué 16,6 milliards de dollars pour la concrétisation du schéma directeur du plan de développement des transports ferroviaires d'ici 2025 pour séduire 80 millions de voyageurs. En 2009, l’entreprise publique a réalisé un chiffre d’affaires de plus de 4 milliards de dinars. La subvention de l’Etat à la SNTF est passée de 2,5 milliards de dinars à 8 milliards de dinars entre 2009 et 2010. Par ailleurs, la SNTF enregistre des pertes de 5 millions de dinars sur ses lignes déficitaires ■ |