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Banque Mondiale

Les engagements du Groupe de la Banque mondiale dépassent 72 milliards de dollars du fait du prolongement des déficits de financement dans les pays en développement

Par Fouzia Mahmoudi

Au cours de cette année, le Groupe de la Banque mondiale a engagé plus de 72 milliards de dollars pour venir en aide aux pays en développement. Cette somme sans précédent a été atteinte dans un contexte de reprise économique délicate et inégale sur la scène internationale.
Durant l’exercice 10 (du 1er juillet 2009 au 30 juin 2010), le Groupe de la Banque mondiale a contribué à financer environ 875 projets destinés à stimuler la croissance économique, combattre la pauvreté et encourager l’entreprise privée. Les engagements de la Banque Mondiale ont ainsi atteint un niveau record dans les domaines de l’éducation, la santé, la nutrition, la population et l’infrastructure ; dans les pays touchés par la crise, ils ont permis de réaliser des investissements qui faisaient cruellement défaut.
L’aide du Groupe de la Banque mondiale, fournie sous forme de prêts, de dons, de prises de participations et de garanties, a aidé les pays et les entreprises privées à faire face à la diminution sensible des flux de capitaux privés due à la récession mondiale. D’après les dernières prévisions, ces flux n’augmenteront que très peu pour passer de 454 milliards de dollars en 2009 à 771 milliards de dollars en 2012, un niveau moindre aux 1 200 milliards de dollars atteints en 2007. Globalement, on estime que le déficit de financement des pays en développement passera de 210 milliards de dollars en 2010 à 180 milliards de dollars en 2011 contre un déficit estimé à 352 milliards de dollars en 2009.
« Les pays en développement partenaires de la Banque souhaitaient qu’elle agisse rapidement, avec souplesse et en faisant preuve d’innovation face à la crise économique mondiale : je me réjouis que l’institution ait répondu à cette attente en fournissant un volume d’aide sans précédent », déclare Robert B. Zoellick, président du groupe de la Banque mondiale. « Les répercussions néfastes de la crise sur les plus pauvres se feront sentir bien au-delà de la reprise de l’activité économique mondiale. Je pense qu’il est essentiel que nous puissions soutenir vigoureusement les systèmes de protection sociale, les infrastructures et le secteur privé afin de protéger les pauvres et de jeter les bases de la reprise et de la croissance ».
Les engagements de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) - qui apporte des financements, des produits de gestion des risques et d’autres services financiers aux pays - ont atteint 44,2 milliards de dollars, montant qu’ils n’avaient encore jamais enregistré, et qui est très largement supérieur au précédent record (32,9 milliards de dollars au cours de l’exercice 09). Les prêts à décaissement rapide à l’appui des politiques de développement, qui soutiennent de manière essentielle les balances des paiements face aux déficits de financement, ont constitué pour leur part environ 47 % du total durant l’exercice 10. Les décaissements au titre des prêts à l’appui des politiques de développement ont suivi le rythme des engagements approuvés : 85 % des opérations approuvées depuis juillet 2008 ont fait l’objet de décaissements (si l’on exclut les opérations de tirage différé).
Les engagements de l’Association internationale de développement (IDA), qui octroie des prêts sans intérêts et des dons aux 79 pays les plus pauvres, ont eux aussi enregistré un nouveau record : 14,5 milliards de dollars durant l’exercice 10 contre 14 milliards de dollars au cours de l’exercice 09.
Les engagements de la Banque mondiale (BIRD et IDA) dans le domaine de la protection sociale — à l’appui notamment des programmes sociaux destinés aux populations les plus pauvres et les plus vulnérables — devraient atteindre au moins 3,6 milliards de dollars durant l’exercice 10. Les financements alloués à l’infrastructure, secteur vital du point de vue de la création d’emplois et de la productivité future, ont dépassé les 18 milliards de dollars au cours de l’exercice 09 et devraient se monter à plus de 22 milliards de dollars pendant l’exercice 10. Durant ce même exercice, les engagements dans le domaine de l’éducation ont atteint le niveau encore jamais vu d’environ 4,5 milliards de dollars, contre 3,4 milliards de dollars au cours de l’exercice 09 ; l’aide fournie dans le secteur de la santé, la nutrition et la population a atteint elle aussi un niveau sans précédent, à savoir 4 milliards de dollars, chiffre sensiblement supérieur aux 2,9 milliards de dollars de l’exercice précédent. Au moment où l’institution réalisait ces engagements sans précédent - durant les exercices 09 et 10, les engagements du Groupe de la Banque mondiale ont dépassé 130 milliards de dollars -, la BIRD se trouvait confrontée à des contraintes financières ; en avril 2010, ses actionnaires ont approuvé la première augmentation de capital de grande ampleur depuis 20 ans.
Les décaissements de la BIRD et de l’IDA - mesure importante de l’efficacité de l’aide sur le terrain - ont atteint également des niveaux jusqu’ici inconnus et devraient s’établir aux alentours de 40 milliards de dollars (contre 28 milliards de dollars durant l’exercice 09) grâce aux efforts fournis de façon concertée et soutenue par la direction et le personnel de la Banque mondiale pour satisfaire plus rapidement aux demandes des clients.

 

 

La Société financière internationale (IFC), plus importante source de financements multilatéraux pour le secteur privé dans les pays en développement, a accordé des financements sans précédent aux entreprises de ces pays, qu’elle a aidées à faire face à l’incertitude qui pèse sur l’économie mondiale. Selon des données préliminaires et non auditées en date du 29 juin, les investissements de l’IFC se sont montés à près de 18 milliards de dollars, contre 14,5 milliards de dollars pour l’exercice 09. Le chiffre comprend des engagements estimés à 12 milliards de dollars réalisés par l’IFC pour son propre compte et plus de 5 milliards de dollars mobilisés auprès d’autres investisseurs pour compléter les financements de la Société. Les ressources mobilisées auprès d’autres investisseurs comprenaient 235,8 millions de dollars levés par la Société de gestion d’actifs (Asset Management Company ou AMC), filiale à part entière de l’IFC chargée de gérer de façon indépendante les capitaux de tierces parties. Au 29 juin, l’IFC comptait plus de 500 projets d’investissement, soit une augmentation de 12 % par rapport à l’exercice 09. Les dépenses des Services de conseil de la Société devraient avoisiner 300 millions de dollars.
L’IFC a de son côté tenu a maintenir l’axe stratégique de ses interventions sur les pays et les régions les plus pauvres, surtout l’Afrique subsaharienne, où ses investissements se sont accrus pour dépasser de peu la barre des 2 milliards de dollars au 29 juin, établissant ainsi un autre record. Les investissements de l’IFC dans les 79 pays admis à emprunter à l’IDA ont atteint un montant total de plus de 4 milliards de dollars. Près de la moitié des projets de l’IFC et environ 60 % des dépenses liées aux projets de ses Services de conseil ont été réalisés dans ces pays.
« Dans un contexte économique imprévisible, l’IFC a canalisé d’importantes ressources financières vers les régions où elles pouvaient avoir le plus d’effet », déclare Lars Thunell, vice-président exécutif et directeur général de l’IFC. « Nous avons mobilisé des capitaux pour relever les grands défis de notre époque en matière de développement. Nous avons exploité nos compétences mondiales et mis au point des produits et des services novateurs pour aider nos clients à réussir. Nous avons stimulé les investissements dans les pays émergents en montrant aux investisseurs que le développement et la réussite commerciale peuvent aller de pair sur ces marchés ».
Parmi les plus importantes réalisations de l’IFC figurent plusieurs transactions et projets innovants destinés à créer des opportunités pour les habitants des pays les plus démunis et les protéger des allés du à la fragilité économique. Le Fonds de recapitalisation et le Fonds pour l’Afrique, l’Amérique latine et les Caraïbes de l’IFC - tous deux gérés par l’AMC - ont investi environ 175 millions de dollars dans Ecobank, la banque panafricaine disposant de la plus importante implantation géographique dans la région, pour augmenter l’accès au crédit dans les pays les plus pauvres. De plus, l’IFC a investi 20 millions de dollars dans Leapfrog Financial Inclusion Fund, premier fonds de microassurance commercial au monde, qui devrait aider 25 millions d’Africains à obtenir une assurance.
L’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA), l’organe du Groupe de la Banque mondiale qui assure contre le risque politique, a émis des garanties d’un montant de 1,5 milliard de dollars, contre 1,4 milliard de dollars au cours de l’exercice 09. « En dépit du manque de confiance des investisseurs et de la baisse des investissements étrangers directs cette année, la MIGA a continué d’appuyer les investissements qui permettent de créer des emplois, de construire des infrastructures de base et d’offrir des services de prêt à l’économie réelle », déclare Izumi Kobayashi, vice-président exécutif de la MIGA. « Nous sommes intervenus pour soutenir la reprise et la croissance dans les pays en développement en ces temps incontestablement difficiles ».
Les engagements du Groupe de la Banque mondiale dans les pays d’Afrique subsaharienne - première priorité de la Banque - se sont montés à 13,85 milliards de dollars durant l’exercice 10, soit une augmentation de 28 % par rapport aux 9,9 milliards de dollars de l’exercice 09. Sur ce total, 7,2 milliards de dollars proviennent de l’IDA (soit 49 % du total des engagements de l’Association), 4,3 milliards de dollars de la BIRD, 2 milliards de dollars (un montant record) de l’IFC et 345 millions de dollars des garanties de projets de la MIGA dans la région. Les décaissements de la BIRD et de l’IDA dans les pays d’Afrique subsaharienne se sont montés à 6 milliards de dollars durant l’exercice 10.
Malgré sa gravité, la récession économique mondiale n’a pas provoqué de crise de la dette souveraine dans les pays émergents du type de celles qui avaient éclaté dans les années 90 et 2000, principalement grâce à une gestion macroéconomique et une gestion de la dette prudentes dans les pays en développement. En plus de fournir des engagements financiers, la Banque a aidé les entités nationales et infranationales à réduire leur vulnérabilité face à la volatilité du marché en leur fournissant une assistance technique et en mettant des instruments de gestion du risque à leur disposition. Durant l’exercice 10, le volume des transactions de gestion des risques exécutées par la Banque a plus que triplé par rapport aux niveaux qui prévalaient avant la crise, les pays membres cherchant à gérer plus activement les risques de leurs portefeuilles de dette ■

 

 

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