Durant ces douze derniers mois un budget record de 3,8 milliards de dollars a été dégagé par la Banque Mondiale pour aider les pays de la Région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) à passer outre les effets malheureusement souvent désastreux de la crise financière qui a touché cette dernière année l’ensemble des économies la planète. Car bien que la crise financière internationale est frappé de façon différente et avec une importance moindre dans certains pays l’aide financière apportée par la Banque Mondiale a tout de même plus que doublé pour faire face aux besoins de cette région. Une région de tout temps fragile sur le plan économique, cela datant de bien avant la crise globale qui a fait chanceler les économies occidentales. Le concours financier de l’organisme international est ainsi passé de 1,7 milliard de dollars l’année dernière à 3,8 milliards de dollars durant cette année. L’implication de la Banque internationale dans la reconstruction et le développement (BIRD) - qui fournit des financements, des produits de gestion des risques et d’autres services financiers aux pays à revenu intermédiaire - représentent plus de 3,6 milliards de dollars ; et ceux de l’Association internationale de développement (IDA) - qui fournit des prêts sans intérêt et des dons aux pays les plus pauvres du monde - atteignent un peu moins de 200 millions de dollars. Les dépenses investies quant à elles dans les domaines du savoir et de l’assistance technique ont également augmenté pendant, passant de 6 millions de dollars à près de 12 millions de dollars, ce qui a permis la réalisation de plus de 100 travaux d’analyse et de conseil. « À mesure que l’économie mondiale se stabilise et poursuit sa reprise, les perspectives dans la région continueront de s’améliorer », a déclaré Shamshad Akhtar, vice-président pour la Région Moyen-Orient et Afrique du Nord. « Notre stratégie de soutien à la région ne cesse d’accorder la priorité à la croissance et la création d’emplois ainsi qu’à fournir une meilleure protection sociale aux personnes qui en ont le plus besoin ». Au cours de cette année, les investissements annuels de la Société financière internationale (IFC) - l’institution du Groupe de la Banque mondiale spécialisée dans le financement du secteur privé - dans la Région Moyen-Orient et Afrique du Nord ont atteint 1,6 milliard de dollars, permettant de cette manière le financement de 59 projets différents répartis dans 13 pays. Par ailleurs, au niveau de la région, 40 % des projets d’investissement et des services-conseil de l’IFC ont été réalisés dans les pays les plus pauvres et les plus touchés par les conflits. | | « Un grand nombre de personnes arrivent chaque année sur le marché du travail », a expliqué Michael Essex, directeur de l’IFC pour la Région Moyen-Orient et Afrique du Nord. « Le développement du secteur privé est indispensable pour créer de nouveaux emplois pour la jeune population de la région. La stratégie de l’IFC consiste à mettre en œuvre un programme intégré d’investissements et de services de conseil afin d’accroître les possibilités de création de revenus que peut offrir le secteur privé de la région ». L’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA), l’agence du Groupe de la Banque spécialisée dans la fourniture de garanties contre les risques non commerciaux, a continué pour sa part de stimuler et de soutenir l’engagement pour le monde arabe, qui tend à encourager une plus importante intégration économique entre les pays arabes. La MIGA s’est d’ailleurs associée à Dubai International Financial Center (DIFC) pour le lancement d’un Programme commun « MIGA-DIFC d’assurance contre le risque politique pour le monde arabe » en vue d’inciter l’investissement direct étranger dans la Région Moyen-Orient et Afrique du Nord en fournissant aux investisseurs un moyen de réduire les risques non commerciaux. Izumi Kobayashi, vice-président exécutif de la MIGA, a tenu a affirmer que « cette initiative répond à la demande des milieux d’affaires pour la mise en place d’un programme visant à renforcer la confiance des marchés vis-à-vis du Moyen-Orient et pourrait aider à faciliter l’investissement étranger qui fait cruellement défaut dans les entreprises et projets solvables ». Ainsi malgré son ampleur sans précédent, la récession économique mondiale n’a pas provoqué de crise de la dette souveraine dans les pays émergents comme l’on pouvait s’y attendre et comme cela avait déjà eut lieu dans les années 90 et 2000, et cela principalement grâce à une gestion macroéconomique et une gestion de la dette prudentes dans les pays en développement. De plus au-delà du seul fait de fournir des engagements financiers, la Banque a également aidé les entités nationales et infranationales à poursuivre leur efforts en vu de réduire leur vulnérabilité face à la l’instabilité du marché en leur fournissant une assistance technique et en mettant des instruments de gestion du risque à leur disposition. D’ailleurs, au cours de ces douze derniers mois, le volume des transactions de gestion des risques exécutées par la Banque a plus que triplé par rapport aux niveaux qui avaient cours avant la crise, les pays membres cherchant à gérer plus activement les risques de leurs portefeuilles de dette ■ |