D’après la dernière édition du Baromètre OMT du tourisme mondial, la croissance du tourisme international a repris au cours du dernier trimestre de 2009, de sorte que les résultats pour l’ensemble de l’année sont meilleurs que prévu au départ. Les arrivées de touristes internationaux ont baissé de 4 % en 2009. Les perspectives pour 2010 se sont elles aussi améliorées, et l’on prévoit désormais une augmentation des arrivées de touristes internationaux de 3 % à 4 % cette année. Ces perspectives sont confirmées par l’augmentation remarquable de l’indice de confiance du groupe d’experts de l’OMT. « La crise économique mondiale, à laquelle s’est ajoutée l’incertitude liée à la pandémie de grippe A(H1N1), ont fait de 2009 l’une des années les plus difficiles pour le secteur du tourisme », a déclaré le Secrétaire général de l’OMT, Taleb Rifai, avant d’ajouter : «Toutefois, les résultats enregistrés pour les derniers mois donnent à penser que la reprise est en cours, et même qu’elle aurait lieu un peu plus tôt et serait plus rapide que prévu à l’origine ». Les opportunités favorables sont énormes : la confiance des entreprises et des consommateurs a augmenté, les taux d’intérêt et l’inflation restent extrêmement bas et, à court terme, ils ne devraient augmenter que modérément, les chutes sont généralement suivies d’une reprise, la demande ayant été contenue, et les destinations devraient s’efforcer d’en tirer profit, la reprise est possible dans des marchés émetteurs durement touchés en 2009, comme la Fédération de Russie ou le Royaume-Uni. Les acteurs du tourisme devraient maintenir l’esprit de coopération et de partenariat engendré par la crise. Il reste cependant un certain nombre d'aspects structurels négatifs : bien que l'économie mondiale semble évoluer mieux que prévu, il demeure manifestement de nombreuses ombres au tableau. Ces risques sont essentiellement liés aux éléments suivants : le fait que la reprise soit inégale au niveau régional, avec une croissance essentiellement tirée par les économies émergentes alors qu'elle reste encore anémique dans la plupart des pays avancés, où elle est surtout imputable au secteur public, les niveaux de chômage élevés, en l'occurrence dans les principaux marchés émetteurs du tourisme, l'augmentation potentielle de la fiscalité et la suppression progressive des mesures d'incitation, dues aux déficits publics croissants. Face à cette situation, le Secrétariat de l'OMT n'a pas ralenti le rythme de ses activités liées au redressement après la crise, qui ont commencé par la création, en octobre 2008, du Comité pour la relance du tourisme (CRT). Il s'est réuni à quatre reprises. Sa troisième réunion a eu lieu au mois d'octobre dernier à Astana et l'Organisation a adopté une feuille de route pour la relance dont elle a encouragé la promotion la plus large en tant qu'instrument efficace pour faire entendre la voix du tourisme et placer le tourisme à un niveau plus élevé dans les priorités politiques. Lors de la 4e réunion du CRT, tenue récemment à l'occasion de l'ITB à Berlin, les participants ont concentré leur attention sur les principaux points suivants : la mise à jour des données commerciales sur l'état de l'économie et son impact sur le tourisme, qui implique la collaboration permanente de tous les membres sous les auspices du Secrétariat et en collaboration avec d'autres organismes internationaux compétents. Le SG a présenté la feuille de route au plus haut niveau lors de réunions avec le président espagnol Zapatero, le président sud-africain Zuma, le président slovène Türk et le président brésilien Lula. La relance constitue en fait une occasion unique de placer le tourisme au coeur des préoccupations mondiales en tant que secteur qui peut créer des emplois et générer une croissance économique. En Méditerranée, le secteur du tourisme et des loisirs est généralement considéré comme la première activité économique de la région. Malgré les difficultés à l’évaluer, l’emploi direct et indirect généré par le tourisme demeure la forme la plus tangible des richesses produites par le secteur. | | Le développement durable du tourisme méditerranéen passe par la diversification de l’offre touristique en valorisant la diversité méditerranéenne : écotourisme, tourisme culturel, urbain et rural. Cette diversification passera par la progression de l’offre non-balnéaire. En Italie, l’offre non-balnéaire représentait en 2004 environ 42% des lits touristiques. En plus de la diversification spatiale du tourisme au profit des destinations non-balnéaires, une alternative consisterait à réduire le caractère saisonnier du tourisme, dans l’objectif de maîtriser les impacts environnementaux concentrés sur quelques semaines dans l’année. La saisonnalité, du point de vue de la demande, dépend des motifs et attentes des touristes ; en Europe, l’organisation des rythmes scolaires renforce la fréquentation estivale. Or ces deux composantes spatiale et temporelle sont couplées : les pays ou destinations ayant réussi à diversifier leur offre arrivent à mieux répartir leur fréquentation touristique sur l’ensemble de l’année. Il convient toutefois de noter un certain allongement de la saison touristique qui s’étend maintenant d’avril ou mai à septembre ou octobre. Le tourisme procure de multiples postes de travail, allant des plagistes (emplois directs) aux services bancaires (emplois indirects), des agences de voyage aux services hôteliers. Le tourisme est une activité très intensive en main d’oeuvre. Le World Travel and Tourism Council (WTTC) estime qu’en moyenne un emploi direct induit un emploi indirect. Pour l'Etat, le tourisme est une source de devises plus sûres que les exportations de matières premières, les taxes s'ajoutant aux dépenses de consommations réalisées par les étrangers : taxes d'aéroports et TVA. "Le tourisme des nationaux dans les pays du tiers-monde est limité: les catégories les plus aisées prenant volontiers le chemin des pays développés. Les pays dans lesquels le tourisme n'est pas une priorité sont encore nombreux. Les recettes touristiques y sont nulles ou négligeables. Quelques-uns affichent une hostilité politique de principe au tourisme international", lit-on dans le livre Le tourisme dans le monde d'Alain Mesplier, Pierre Bloc-Duraffour. Notons enfin que le Mondial de football 2010 aura attiré au pays de la pointe sud de l'Afrique plus de 25% de touristes qu'à son accoutumée. Du 1er juin au 1er juillet, le système de contrôle migratoire a enregistré un chiffre de 1,02 million de visiteurs, soit beaucoup plus que les 819 495 visiteurs enregistrés l'an dernier durant le même mois. Les pays frontaliers de l'Afrique du Sud, notamment le Zimbabwe et le Mozambique, ont grandement contribué à cette augmentation, tout comme les visiteurs du Royaume-Uni, des États-Unis, du Mexique, de l'Allemagne et de l'Australie. Selon le Mail and Guardian, le quart de finale Allemagne-Argentine a attiré 300 000 touristes au Cap. L’Afrique du Sud a investi 100 millions de dollars pour son marketing touristique en vue de l’organisation du Mondial 2010, a annoncé le ministre sud africain du Tourisme. « La politique de marketing aurait atteint 1,9 milliard personnes par mois parmi nos principaux marchés cibles », a-t-il ajouté. Selon le ministre, cet investissement n’est cependant qu’une « goutte d’eau dans l’océan » comparé aux avantages annoncés dans le secteur touristique en Afrique du Sud pendant la Coupe du Monde. La compétition a été inscrite dans les annales comme l’une des meilleures vitrines du tourisme en Afrique du Sud et en Afrique ■ |